Mini projet de recherche

  1. Problématique

L’igname est le tubercule le plus apprécié et consommé au Togo. C’est également le plus vendu à l’extérieur du pays avec une production nationale estimée à 940 876 tonnes en 2020-2021 (1). La préfecture de Bassar située dans la région de la Kara est reconnue sur le plan national comme étant l’un des plus grand greniers d’ignames au Togo (2). L’igname reste depuis toujours l’identité du peuple Bassar (3). On y retrouve diverses variétés dont le fameux "Larbaco" qui reste jusqu’à présent une variété propre aux terres de Bassar et qui est très appréciée. A la base les terres agricoles de Bassar renferment des éléments nutritifs naturels particulièrement propices à la réussite de cette culture riche en macronutriments (4). La production de l’igname se heurte cependant de plus en plus au problème de disponibilité des terres en friches riches en matière organique en raison des systèmes de culture non appropriés. Cette dégradation de la fertilité des sols fait régresser la production. En effet, force est de constater de nos jours la baisse de rendement, l’altération des qualités organoleptiques et la diminution du temps de conservation des ignames qui est passé de huit à quatre mois.  Ces faits inquiétants sont les conséquences de l’utilisation abusive des pesticides et des engrais chimiques sur les cultures en rotation avec l’igname sur le même sol. A ce constat, s’ajoutent les déficits hydriques et les chocs thermiques issus de la variabilité climatique affectant la croissance des ignames. Dans ce contexte et vu l’importance socio-culturelle et économique de la culture pour la population, des actions urgentes sont nécessaires afin d’améliorer la production et la conservation de l’igname.

  1. Objectif

L’enjeu principal est de développer de nouvelles techniques culturales et d’améliorer les conditions de production des ignames. Ceci afin de rendre le système favorable à la conservation et à l’optimisation du rendement de certains cultivars d’igname qui soient profitables sur le plan technique, économique, environnemental et acceptables sur le plan social.

1-Utilisation des résidus organiques (compost, résidus de récolte) pour la fertilisation des sols et des engrais organiques et la fumure minérale pour la nutrition des plantes. Ceci afin d’amener le taux de fertilité des sols à un niveau acceptable et d’optimiser le rendement des cultures d’igname ainsi que le temps de conservation (5).

2- Amélioration du système de jachère et des pratiques de rotations culturales en plaçant la culture de l’igname en tête d’assolement, celle du sorgho en fin d’assolement et en utilisant des légumineuses à graines comme précédentes cultures (6).

3- Construction des magasins améliorés (huttes élevées) pour une meilleure aération des tubercules d’ignames et adoption de la méthode Curing sous bâche (développé au Togo par la FAO) afin de limiter les pertes et d’optimiser les rendements (7).

  1. Méthodologie Chronogramme des activités et ressources nécessaires
Activités Chronogramme Ressources nécessaires
Recherches bibliographiques et enquêtes de terrain(Bassar) Carburant ; Fiches d’enquête ou connexion internet
Fabrication des intrants organiques (compost, engrais, fumure) Résidus des récoltes, fumier, déchets et engrais verts
Essais sur le terrain Producteurs volontaires
Construction des huttes élevées dans les champ des plus grand producteurs Poteaux en bois ; huile de neem ; clous ; tôles ou pailles ; portes en bois ; échelle  ; ciment
Essais de la méthode de curing sous bâche Bâche ou sacs

Annexe :Figure 1 : Hutte élevée pour le stockage d’igname (7)

Références bibliographiques

  1. Eyomewe assimtoke. Zoom sur la récolte et les méthodes de conservation d’ignames. Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement Rural. 2021.https://agriculture.gouv.tg/zoom-sur-la-recolte-et-les-methodes-de conservation-d’ignames/. [Consulté le 29 mars 2024]
  2. La nouvelle igname est de retour sur les marchés de Lomé – Togo-Presse. https://togopresse.tg/la-nouvelle-igname-est-de-retour-sur-les-marches-de-lome/. [Consulté le 29 mars 2024]
  3. ATOP 2022. La SCOOPS-C A des producteurs d’ignames voit le jour à Bassar. https://atop.tg/la-scoops-c-a-des-producteurs-dignames-voit-le-jour-a-bassar/. [Consulté le 29 mars 2024]
  4. Lamboko, distinguer l’original de la copie. https://www.agridigitale.net. [Consulté le 29 mars 2024]
  5. Adifon F, Yabi I, Balogoun I, Dossou J, Saïdou A. Caractérisation socio-économique des systèmes de culture à base d’igname dans trois zones agro-écologiques pour une gestion durable des terres au Bénin. Eur Sci J. 2019;15(12):211‑32.
  6. Gbedolo YM. Obstacles à la production de l’igname au Bénin. In: Plantes racines tropicales: les plantes racines et la crise alimentaire en Afrique; compte rendu du Troisième symposium triennal de la Société internationale pour les plantes racines tropicales-Direction Afrique, 17-23 août 1986, Owerri, Nigéria. CRDI, Ottawa, ON, CA; 1991.
  7. André M. Guide des techniques de production et de conservation d’ignames (Dioscorea spp). 2007;