Bonjour chers producteurs, chères productrices de la région de Kara. je suis votre fils, votre frère N’KORE Tchamsè Arite Lazare

Permettez-moi de vous poser une question: “Qui parmi vous a déjà semé après une bonne pluie, puis vu ses jeunes plants souffrir parce que la pluie s'est arrêtée pendant plusieurs semaines ?”

Je suis sûr que beaucoup d'entre vous ont vécu cette situation. Nos parents nous disent souvent que les pluies ne sont plus comme avant. Aujourd'hui, les scientifiques confirment ce que nous observons dans nos champs : le climat est en train de changer.

Les pluies arrivent parfois en retard, s'arrêtent brusquement ou tombent de manière irrégulière. La chaleur devient plus forte et les sols se dessèchent plus rapidement. Face à cette situation, devons-nous abandonner l'agriculture ?

La réponse est non. Nous devons plutôt nous adapter. Comme le dit un proverbe africain : « Ce n'est pas parce que le vent change de direction que l'oiseau cesse de voler. » Pour mieux faire face à la sécheresse, certaines cultures peuvent nous aider.

Le sorgho et le mil, par exemple, résistent mieux au manque d'eau que beaucoup d'autres cultures. Le fonio pousse rapidement et peut continuer sa croissance après une période sèche. Le niébé et le voandzou nourrissent la famille tout en améliorant la fertilité du sol. Le sésame et l'arachide peuvent également apporter des revenus intéressants même lorsque les pluies sont faibles.

Ces cultures ne sont pas nouvelles. Beaucoup de nos parents les cultivaient déjà. Aujourd'hui, la science confirme leur importance pour faire face au changement climatique.

Mais choisir les bonnes cultures ne suffit pas. Il faut aussi protéger nos sols. Lorsque nous laissons le sol nu, le soleil emporte rapidement son humidité. C'est pourquoi le paillage est très utile.

Le paillage conserve l'eau du sol comme un couvercle garde la chaleur dans une marmite.

Le compost permet également d'améliorer la fertilité et de retenir davantage d'eau.

Les arbres comme le moringa, le néré ou le karité peuvent aussi protéger les champs et améliorer les revenus des ménages.

Chers producteurs,

Nos ancêtres nous ont transmis des connaissances précieuses. Ils observaient les vents, les arbres, les oiseaux et les insectes pour comprendre les saisons.

Aujourd'hui, nous devons combiner ces savoirs avec les informations scientifiques et les prévisions météorologiques.

La meilleure solution est de faire travailler ensemble les connaissances des anciens et celles des chercheurs.

Retenons trois messages importants :

Premièrement, diversifier les cultures réduit les risques.

Deuxièmement, protéger le sol permet de conserver l'eau.

Troisièmement, les cultures résistantes à la sécheresse sont une assurance pour l'avenir de nos familles.

Ensemble, nous pouvons rendre notre agriculture plus forte face au changement climatique.