L’agroforesterie : une solution efficace de lutte contre l’infertilité des sols
NABIOUWENAM Prézam Elda
Bonjour chers parents, frères et sœurs producteurs. Je m’appelle NABIOUWENAM Prézam Elda étudiante à l’Université de Kara, et aujourd’hui je voudrais vous parler d’une solution simple et efficace contre l’infertilité de nos sols.
Dites-moi, avez-vous déjà remarqué que nos sols deviennent de plus en plus pauvres, que les récoltes diminuent, même quand on travaille dur ? Le maïs pousse moins bien, le manioc donne moins, et la terre devient dure comme la pierre. C’est le cas d’un champ de maïs à Lassa où le rendement est complètement alarmant. Nos grands-parents nous disaient souvent : « L’arbre est l’ami du champ ». Autrefois, on ne coupait pas tous les arbres. On laissait la nature respirer. Aujourd’hui, je veux vous parler de l’agroforesterie. Ce n’est pas une mode nouvelle, c’est le retour à une sagesse ancienne ; améliorée par la science, pour redonner vie à nos sols.
Mais alors vous vous demandez sûrement : qu’est-ce que c’est l’agroforesterie ? Est-ce transformer un champ en forêt ? Bien sûr que non, l’agroforesterie consiste donc à cultiver les champs en gardant et en plantant des arbres utiles, en même temps que les cultures comme le maïs, le haricot, le manioc ou le sorgho. Ce n’est pas planter les arbres au hasard. C’est choisir des arbres partenaires qui, au lieu de faire de l’ombre à nos cultures, vont les aider à grandir. C’est choisir des arbres qui améliorent le sol, protègent les cultures, et parfois donnent des fruits, du bois ou des feuilles utiles. Pour pratiquer l’agroforesterie, il faut d’abord commencer par regarder son champ avec attention. Avant de planter un arbre, il faut marcher dans son champ et regarder attentivement. Où l’eau passe quand il pleut ? Y a-t-il des endroits où la terre est emportée ? Où la terre est-elle plus sèche ? Y a-t-il déjà des arbres utiles qu’on peut conserver ? Cette observation permet de savoir où planter et quels problèmes on veut corriger. Par exemple, si l’eau emporte la terre en pente, on peut planter des arbres pour freiner l’érosion. Si la terre est très pauvre, on choisira des arbres qui enrichissent le sol. Ensuite, il faut choisir les bons arbres. On ne plante pas n’importe quel arbre. Il est conseillé de commencer par des arbres qui fertilisent le sol. Ces arbres sont importants parce qu’ils améliorent le sol naturellement : leurs feuilles tombent, se décomposent et deviennent un engrais. Leurs racines vont en profondeur chercher les nutriments et ne gênent pas trop les cultures en surface. Ils laissent aussi passer la lumière au bon moment. Les arbres fruitiers aussi comme le manguier, le citronnier peuvent aussi être plantés, mais en petit nombre. Ils donnent des fruits, mais ils demandent plus d’eau et peuvent faire trop d’ombre si on ne fait pas attention. C’est pourquoi il est plus sûr d’abord de renforcer la terre avec des arbres qui nourrissent le sol, puis d’ajouter quelques fruitiers qui peuvent permettre de gagner de l’argent en revendant les fruits. Après cela, il faut bien placer les arbres. Les arbres ne doivent pas être trop serrés. Planter trop serré est une erreur fréquente. Si les arbres sont trop proches, ils vont se battre pour l’eau, la lumière et la nourriture du sol. Les cultures vont produire moins. Pour les grands arbres, il faut laisser environ 10 à 15 mètres entre eux. Cela permet au sorgho ou aux autres cultures de recevoir assez de soleil. Pour les arbres plus petits, on peut réduire un peu la distance, mais il faut toujours laisser de l’espace pour que les cultures respirent. Les arbres peuvent être laissés dans le champ, plantés en bordure c’est-à-dire tout autour du champ ou en lignes espacées. Planter ne suffit pas. Il faut surveiller les jeunes plants, les protéger contre les animaux qui peuvent facilement les manger ou les abimer surtout dans les zones rurales, et les arroser au début si nécessaire. Pour cela on peut faire un petit enclos, entourer le plant de branchages ou utiliser des bâtons attachés ensemble pour former un mini paravent, utiliser des plantes piquantes autour comme les tiges d’Aloe et les tiges de piment séchées. Quand les arbres grandissent, il faut les tailler si les branches font trop d’ombre. Un autre avantage de planter des arbres dans son champ, c’est que quand leurs feuilles et branches tombent, elles deviennent de l’engrais naturel. Elles permettent également de garder l’humidité, surtout pendant les périodes de chaleur. Enfin, est-ce que les résultats sont immédiat ? Soyons honnêtes : un arbre ne pousse pas en une nuit et l’agroforesterie demande de la patience. Il faut parfois deux ou trois saisons pour voir la différence. Pendant ce temps, on peut ajouter du fumier ou du compost pour aider la terre à se renforcer plus vite. Petit à petit, le sol devient plus sombre, plus meuble, garde mieux l’eau et les récoltes s’améliorent. Ces pratiques ne sont donc pas nouvelles. Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est les améliorer, les organiser, et les transmettre aux jeunes générations. L’agroforesterie respecte nos traditions, tout en aidant à faire face aux défis d’aujourd’hui. Chers parents, cultiver avec des arbres utiles est une solution durable, simple et adaptée à nos réalités. En protégeant et en plantant des arbres utiles dans nos champs, nous pouvons : restaurer la fertilité de nos sols, améliorer nos récoltes et assurer l’avenir de nos enfants. Certains producteurs ont déjà commencé à tester. Et vous, qu’en pensez-vous ? Je nous invite tous alors à essayer progressivement, à observer les résultats et à partager nos expériences avec nos voisins. Car ensemble nous pouvons donner vie à nos terres et bâtir une agriculture plus forte et plus durable. Merci pour votre écoute, et souvenons-nous que prendre soin de la terre, c’est prendre soin de la vie.