Chers pères, chères mères, recevez mes salutations les plus chaleureuses. Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un ennemi qui ne fait pas de bruit, mais qui détruit nos champs petit à petit : le plastique. Regardez vos terres au moment du labour. Entre deux mottes de terre, que voyez vous ? Des bouts de sachets bleus, noirs, des morceaux de bidons. On s'y est habitué, on pense que c'est juste sale. Mais la vérité est plus grave : notre terre est en train d'étouffer.
Savez vous chers parents d’où ils proviennent et nous embêtent tant ?
Ils proviennent le plus souvent :
Est-ce que vous savez ce qui se passe après que les sachets soient sur nos sols ?
Malheureusement, le plastique n'est pas comme une feuille d'arbre. Il ne retourne pas à la terre. Un seul sachet peut rester là, sous vos pieds, pendant 400 ans. Ils se cassent en petits morceaux et restent très longtemps dans le sol. Le sachet que vous jetez aujourd'hui empêchera encore la terre de respirer à l'époque de vos arrière arrière-petits-enfants.
Pendant que ces sachets sont dans la terre, savez vous ce qu’ils font à nos sols et cultures ?
Je vous raconte :
Premièrement, quand un sachet est dans le sol, l'eau de pluie ne peut plus descendre. Les racines de nos plantes n’arrivent plus à boire l’eau à cause du plastique. Ce qui fait que les plantes ont soif même s'il pleut. Ensuite, le plastique qui se casse en petits morceaux devient un poison pour les vers de terre et des autres petits animaux qui fabriquent la nourriture du sol. Sans ces animaux, le sol devient dur comme du ciment et ne peut pas permettre à nos cultures de grandir. Enfin, le plus dangereux, c'est que le plastique finit par se transformer en poussières invisibles. Ces poussières montent dans nos tomates, dans nos choux bref dans toutes nos plantes. Quand nous mangeons ça après, ça veut dire que nous mangeons un peu de plastique. C'est là que les maladies comme le cancer commencent.
Alors, chers parents, est-ce une fatalité ? Non ! Un pays africain comme le nôtre a dit STOP au plastique. Ce pays, c’est le Rwanda. Il y a 30 ans, les champs au Rwanda étaient couverts de plastique mais aujourd'hui, c'est l'un des pays les plus propres au monde. Nous aussi, nous pouvons faire comme eux avec trois gestes simples : Avant de labourer, organisons nous pour ramasser tout ce qui n'est pas naturel dans nos champs. Ensuite, rassemblez les et jetez les loin des cultures, dans un grand trou que vous avez creusé pour ces ordures. Une fois remplie, remblayez le trou et creusez un autre trou. Pour les ordures de la maison, chers parents, vous pouvez faire aussi un trou. Ne les brûlons surtout pas ces ordures, car la fumée empoisonne l'air. Aussi, ramenons nos bidons vides et nos sachets à la maison ; utilisons ce qui peut encore servir et jetons dans notre grand trou ce qui n’est pas utile. Un champ propre est un champ qui donne. Retournons aux habitudes de nos parents qui utilisaient les feuilles de teck ou de bananier pour emballer la nourriture. C’est naturel, c’est gratuit, et quand on le jette, ça devient du bon fumier, de la nourriture pour nos terres !"
Chers parents, comme on le dit souvent “ Qui prend soin de la terre, la terre prend soin de lui.”
Alors chers parents, levons nous ensemble pour sauver nos champs. Si chacun fait sa part, nos sols redeviendront vivants, nos récoltes abondantes et nos enfants en bonne santé. La protection de la terre commence par nous, ici et maintenant.
Merci pour votre écoute. C’était Brice METEWOU, votre enfant de l’Université de Kara.