Script : Adapter la culture du maïs face aux vers foreurs dans un contexte de variabilité climatique dans la région Kara.
N’KORE Tchamsè Arite Lazare
Bonjour chers parents, chers producteurs et productrices de la région de la Kara. Je vous salue avec respect. Je suis votre fils Tchamsè Arite Lazare N’KORE et aujourd’hui, je viens vous parler de comment protéger nos champs de maïs contre les vers-fourreurs, surtout avec le climat qui change et rend nos plants plus fragiles.
Imaginez ceci : vous marchez dans votre champ Le maïs est vert, beau, prometteur, et vous êtes fier de votre travail. À première vue, tout semble en bonne santé. Mais parfois, ce que l’on ne voit pas à l’extérieur est déjà en train d’abîmer le plant à l’intérieur. Les vers-foureurs ont peut-être commencé leur travail, affaiblissant la tige et préparant le terrain pour que, dans quelques semaines, des plants jaunissent ou tombent sous le vent et la pluie comme des soldats fatigués.
Que s'est-il passé ? Vous avez été victime d'un ennemi discret : le foreur de tige. Contrairement à la chenille légionnaire qui fait du bruit en mangeant les feuilles, lui, c’est un saboteur silencieux. Il mange votre maïs de l'intérieur, là où vous ne pouvez pas le voir. Avant, ces vers étaient moins nombreux et causaient peu de dégâts. Aujourd’hui, avec la chaleur et les pluies irrégulières, leur cycle se déroule plus vite et les plants deviennent plus vulnérables. Même si le maïs semble beau et vert de l’extérieur, les tiges peuvent se casser facilement, et la récolte peut être sérieusement réduite.
Comment nuisent ces vers ? Le papillon pond ses œufs sur les jeunes feuilles. Quelques jours après, sortent de petits vers. Au début, ils mangent un peu les feuilles… Puis ils entrent dans la tige. C’est là que le drame commence. À l’intérieur, ils mangent doucement. De dehors, le plant semble normal, mais fragilisé à l’intérieur. La sève circule moins bien, et le plant faiblit. On observe alors : des trous dans la tige, des plants qui jaunissent, qui cessent de grandir… et qui peuvent tomber facilement sous le vent ou la pluie. Dans certains cas, surtout si l’infestation est forte ou selon l’espèce, les larves peuvent aussi atteindre les épis et abîmer les grains, réduisant à la fois la solidité du plant et la qualité de la récolte. Après la récolte, les larves peuvent rester cachées dans les tiges sèches, prêtes à attaquer la culture suivante.
Alors, que faire ?
Commencez à vérifier vos plants dès qu’ils ont 3 à 4 feuilles. Si un plant est attaqué, enlevez-le immédiatement et détruisez-le en le brûlant ou en l’enterrant loin du champ pour éviter la propagation des larves. Répétez cette surveillance au moins une fois par semaine, surtout après les pluies. Après la récolte, nettoyez bien le champ. Ne laissez pas les vieilles tiges, car les larves peuvent s’y cacher. Et ne cultivez pas le maïs au même endroit chaque année. Changez de parcelle pour perturber les vers. Ne restez pas seuls face à ce problème. Si vous nettoyez votre champ mais que votre voisin laisse ses vieilles tiges infestées, les papillons reviendront chez vous. Parlez-en entre-vous ! Car les vers ne connaissent pas les limites des parcelles.
En plus de ces gestes, il existe aujourd’hui des solutions scientifiques complémentaires qui permettent de renforcer la protection de vos plants et de mieux résister aux foreurs de tige, même face aux aléas du climat. Ces méthodes s’intègrent parfaitement aux pratiques traditionnelles et augmentent les chances d’une récolte abondante et saine. Sélectionnez des variétés (semences) qui donnent des plants avec des tiges solides et des épis bien protégés par les feuilles. Préférez des variétés qui poussent vite et mûrissent en 3 à 4 mois, adaptées à la durée de la saison des pluies. Ces caractéristiques permettent de réduire les pertes, même si le climat est irrégulier et les conditions parfois difficiles.
Broyez les feuilles ou graines de neem et laissez-les tremper dans l’eau toute la nuit. Filtrez le jus et versez-en un peu dans le cœur du maïs (cornet). Ce jus amer repousse ou tue les larves avant qu’elles n’entrent dans la tige. Vous pouvez également ajouter une pincée de cendre fine autour du plant pour renforcer l’effet. Cette méthode est simple, peu coûteuse et efficace, surtout lorsqu’elle est appliquée sur les jeunes plants et répétée après les pluies.
Ne plantez pas toujours le maïs au même endroit. Alternez-le avec des légumineuses comme le niébé, le pois d’angole ou l’arachide. Cette rotation interrompt le cycle des foreurs et améliore la fertilité du sol, réduisant naturellement la population d’insectes et renforçant la santé des plants.
Chers parents, chers producteurs, nous savons que les vers-fourreurs attaquent nos tiges et que la forte chaleur fragilise nos plants. Il est donc temps d’agir ensemble et sans attendre. Surveillons nos champs, enlevons les plants attaqués et nettoyons après la récolte.
Utilisons la cendre ou le neem et choisissons de bonnes semences adaptées.
Protéger le maïs aujourd’hui, c’est nourrir nos familles, c’est aussi prendre soin d’elles à travers les revenus issus de nos ventes et lutter contre l’insécurité alimentaire, malgré le climat qui change.