LAWA Binima Marceline (COHORTE 3)

Comment maîtriser la prolifération du chiendent (Elytrigia repens) afin de restaurer la fertilité des sols et améliorer durablement la productivité agricole locale.

Chers parents, chers producteurs et productrices, bonjour. Je suis votre fille LAWA Binima Marceline, et je suis très heureuse d’être avec vous aujourd’hui pour parler d’un sujet très important concernant nos champs et nos récoltes.

Nous allons parler d’une herbe que beaucoup d’entre vous connaissent bien, parce qu’elle envahit souvent nos champs et appauvrit nos sols : cette herbe s’appelle le chiendent communément appelé kougnonglou en kabyè.

Le chiendent est une mauvaise herbe qui pousse très vite et qui repousse même quand on la coupe, parce que ses racines s’étendent sous la terre. Chaque petit morceau de racine peut devenir une nouvelle plante. À cause de cela, le chiendent prend l’eau, les nutriments et la place de nos cultures comme le maïs, le riz, le sorgho, le manioc et les légumes, ce qui fait que nos plantes poussent mal et que nos récoltes diminuent.

Humm or nous savons que dans notre localité, où il y’a une seule saison de pluie l’agriculture est notre principale activité et c’est elle qui nourrit nos familles, soutient nos revenus et permet à nos enfants d’aller à l’école. Mais aujourd’hui, beaucoup de nos champs sont envahis par le chiendent, les sols deviennent pauvres, le travail devient plus dur et les récoltes baissent.

Alors la question est : comment maîtriser le chiendent pour restaurer la fertilité de nos sols et améliorer durablement nos récoltes ? Si nous ne faisons rien, nos champs vont continuer à s’appauvrir et nos productions vont diminuer, mais si nous agissons ensemble, nos sols peuvent redevenir fertiles et nos récoltes peuvent augmenter.

Chers producteurs et productrices, il existe des solutions simples et efficaces qu’on peut appliquer. Ce que nos parents et nos grands-parents faisaient, c’est que d’abord pour le labour, il faut arracher le chiendent sous la pluie car ses racines de couleur blanche se font voir et peuvent être arraché avec la main sans être coupée car la terre est mouillée. Ensuite il faut sarcler deux fois de suite sous les jeunes plantes pendant qu’on arrache le chiendent. Aussi une fois le chiendent arraché, ne le laissez pas dans une zone humide. Laissez plutôt les racines exposées en surface. Le soleil va les brûler et les sécher complètement. Un chiendent séché au soleil ne pourra plus jamais se développer et se multiplier. Aussi, il est important de changer de cultures chaque saison.

Par exemple, planter du maïs une année et des légumineuses comme le niébé, le soja ou l’arachide l’année suivante, car ces plantes rampent et couvrent tout le sol. Elles privent le chiendent de lumière et comme le chiendent déteste l’ombre, elles finissent par l’étouffer. Cela améliore aussi le sol. Il faut également utiliser le compost et le fumier, c'est-à-dire les déchets de nos animaux domestiques, les feuilles mortes et les restes de notre nourriture car un sol bien nourri donne des cultures fortes qui résistent mieux aux mauvaises herbes. Dans certaines localités de la Kara comme Lassa-Elimdè, des producteurs ont appliqué ces méthodes, et en deux saisons seulement, leurs champs étaient plus propres, leurs sols plus fertiles et leurs récoltes avaient augmentés.

Chers parents, chers frères et sœurs, le chiendent n’est pas indestructible. Avec ces bonnes pratiques simples, nous pouvons protéger nos sols, améliorer nos récoltes et assurer un avenir meilleur à nos familles.

Essayons ensemble ces pratiques dans nos champs, car un sol bien entretenu donne une récolte abondante, et une récolte abondante, c’est une vie meilleure pour toute la communauté. Je vous souhaite de très bonnes récoltes.