Baisse de rendement du sorgho suite à la présence des plantes parasites : le Striga hermonthica

Bonjour chers parents, frères et sœurs. Je suis Essoham Carine MELESSIKE étudiante à l'université de Kara.

Le sorgho est notre vie, il est notre nourriture, il constitue même l'élément clé de notre boisson locale. C'est l'une de nos cultures les plus importantes en pays kabyè. Mais après nos efforts dans les champs, dans l'ombre sous la terre, un ennemi invisible travaille en silence pour nous affamer.

Cet ennemi, cette plante sorcière, c'est le Striga hermonthica communément appelée “rolou” en kabyè.Avez-vous déjà remarqué l'évolution du sorgho dans un champ infesté par le striga ? Dans les champs de nos communautés, nous observons qu’au moment où le sorgho devrait grandir les plantes restent petites, jaunissent et donnent peu de graines. Parfois, nous accusons le manque de pluie.

Nous pensons même que c'est notre semence qui n'est pas de bonne qualité. Et pourtant, même avec une bonne pluie et une bonne variété de sorgho semée, le rendement reste faible. Nos récoltes diminuent. En réalité, la cause principale se trouve sous la terre. Une petite plante appelée Striga hermonthica ou herbe sorcière qui pousse près du sorgho. Elle est en réalité attachée aux racines du sorgho.

Des chercheurs ont montré que grâce à la nourriture du sorgho, le striga évolue et se présente avec des fleurs violacées qui sont très jolies. Le striga ou herbe sorcière produit tellement de graines qui sont libérées dans le sol. Elles sont très résistantes, inactives et attendent la présence d'une plante qui consomme la même chose qu'eux pour grandir.

Chers parents, vous voulez sûrement me demander comment une si petite et jolie plante peut détruire tout un champ de sorgho n'est-ce pas ? La réponse se trouve sous la terre.

Le striga est un parasite, un voleur. Ses racines s'attachent directement aux racines de votre sorgho pour lui voler son eau et sa nourriture. C'est pour cela que votre sorgho ne produit pas convenablement, même quand vous travaillez dur.Chers producteurs, vous vous posez sûrement la question de savoir s’il existe des moyens pour lutter contre cette plante.

Oui, il y a des moyens simples et efficaces pour lutter contre le striga. Nous semons habituellement le mil et le sorgho ensemble pour essayer d'augmenter le rendement mais ce n'est pas la seule solution.

Nous pouvons essayer de faire trois (3) autres choses.D’abord, pour lutter efficacement contre le striga, il faut être plus malin que lui. Il s’agit de planter des faux hôtes c'est-à-dire des plantes qui n'utilisent pas les mêmes nourritures dans le sol que le sorgho. Vous pouvez semée le soja, haricot, voandzou, coton dans votre champ, le striga va pousser et pense : 'Ah, voilà ma nourriture !' Il germe... mais il se trompe ! Ces plantes ne le nourrissent pas alors il finit par mourir de faim. C'est ce qu'on appelle la rotation de cultures. Un an de soja, et vous nettoyez votre champ pour le sorgho de l'année suivante.

Puis vous pourrez faire un an de voandzou pour chasser encore le striga.Aussi, nous pouvons aussi utiliser le fumier et la cendre pour enrichir le sol. Le fumier et la cendre rendent le sol plus fertile. Pour le faire concrètement, il faudra avant la pluie verser la cendre et le fumier dans nos champs pour nourrir le sol. Un sol bien nourri devient plus fertile et cela aide à diminuer la présence des plantes parasites comme le striga et augmente aussi la production des grains du sorgho.

Pour lutter contre le striga, il faut l’arracher aussitôt qu’il pousse et ne pas attendre sa floraison. C'est quand elle fleurit qu'elle produit les grains qui se multiplient chaque année. Donc arrachez-le avant que les fleurs violettes n’apparaissent.Pour que ça marche efficacement, je nous propose d'adopter toutes ces trois solutions : la rotation, l'enrichissement du sol, l'arrachage du striga avant la floraison.Au sud du Benin des producteurs ont testé ces trois méthodes ensemble. Résultat ? Leurs greniers de sorgho sont redevenus pleins. Est-ce que tout cela en vaut la peine ? Oui, cela en vaut la peine.

Rolou n'est pas une fatalité, c'est un combat que nous pouvons gagner par ces connaissances que je viens de partager avec vous.Chers parents frère et sœurs, un meilleur rendement du sorgho, c'est un pas de plus vers la fin de la famine dans nos foyers.

Je nous encourage vivement à adopter ces méthodes dès la prochaine saison.

Ne laissons pas la plante sorcière décider de l'avenir de nos champs. Protégeons nos sols, luttons contre le striga, et la terre nous le rendra au centuple.