Revue de littérature sur la pratique des cultures en courbes de niveau
La dégradation des terres agricoles est aujourd'hui l'un des principaux défis auxquels sont confrontés les producteurs en Afrique de l'Ouest. Selon Roose (1996), spécialiste ayant longtemps travaillé au Burkina Faso, au Niger et dans plusieurs pays ouest-africains, l'érosion hydrique est responsable de la perte de la couche arable, riche en matières organiques et en éléments minéraux indispensables à la croissance des cultures. Cette dégradation entraîne une baisse progressive des rendements agricoles et une diminution de la fertilité des sols.Pour répondre à ce problème, plusieurs techniques de Conservation des Eaux et des Sols (CES) ont été développées, parmi lesquelles figure la culture en courbes de niveau. Selon Coulibaly, Baggnian, Zakou et Nacro (2022), cette technique consiste à effectuer toutes les opérations culturales (labour, semis, sarclage et plantation) en suivant les lignes de même altitude, c'est-à-dire perpendiculairement au sens de la pente. Les auteurs expliquent que cette disposition ralentit la vitesse du ruissellement de l'eau, réduit les pertes de sol et améliore l'infiltration de l'eau dans le profil du sol.Au Burkina Faso, Nacro et al. (2023) soulignent que la culture en courbes de niveau est particulièrement adaptée aux zones où les pluies sont abondantes et où les terrains présentent une pente. En ralentissant l'écoulement des eaux de pluie, cette technique limite la formation des ravines, protège les terres cultivables et favorise une meilleure disponibilité de l'eau pour les cultures pendant les périodes sèches.Au Bénin, Houehanou et al. (2023) indiquent que les cultures en courbes de niveau font partie des principales pratiques de gestion durable des terres. Leur étude montre que les producteurs qui adoptent cette technique observent une meilleure conservation de la fertilité des sols, une réduction des pertes d'eau et une amélioration des rendements agricoles. Les auteurs recommandent le renforcement de la formation des producteurs afin d'accroître l'adoption de cette pratique.Mise en place des cultures en courbes de niveau selon Roose (1996) et les travaux de la FAO, la mise en place des cultures en courbes de niveau comprend plusieurs étapes essentielles.La première consiste à identifier les lignes de niveau. Pour cela, les producteurs utilisent généralement un niveau en A, un niveau à eau ou un appareil de nivellement. Ces outils permettent de repérer les points situés exactement à la même altitude.La deuxième étape consiste à matérialiser ces lignes à l'aide de piquets espacés régulièrement. Ces repères servent de guide pour toutes les opérations agricoles.La troisième étape est le labour suivant les courbes de niveau. Contrairement aux pratiques traditionnelles où le labour est réalisé dans le sens de la pente, les sillons sont tracés horizontalement en suivant les piquets.Ensuite, les semis sont réalisés sur ces mêmes lignes, afin que les cultures forment une succession de barrières naturelles ralentissant l'écoulement de l'eau.Pour renforcer l'efficacité de la technique, Bayala et Harmand (2023) recommandent d'associer les courbes de niveau à des haies vives, des bandes enherbées, des cordons pierreux ou du vétiver. Ces aménagements freinent davantage le ruissellement, retiennent les particules de terre et favorisent progressivement la formation de petites terrasses naturelles.Enfin, un entretien régulier est indispensable. Après les fortes pluies, les producteurs doivent vérifier l'état des courbes, remplacer les piquets déplacés, réparer les parties endommagées et entretenir les haies ou les bandes enherbées afin de maintenir leur efficacité.Importance de la Technique les travaux de Coulibaly et al. (2022) montrent que les cultures en courbes de niveau peuvent réduire considérablement les pertes de sol dues au ruissellement. Elles permettent également d'améliorer l'infiltration de l'eau, de conserver la matière organique, de maintenir la fertilité des terres et d'augmenter durablement les rendements agricoles.Pour Bayala et Harmand (2023), cette technique représente également une stratégie d'adaptation au changement climatique, car elle améliore la capacité des sols à stocker l'eau et rend les exploitations agricoles plus résilientes face aux sécheresses et aux pluies intenses.Ainsi, la littérature montre que les cultures en courbes de niveau constituent une pratique simple, efficace et durable pour protéger les sols, préserver les ressources en eau et améliorer la production agricole en Afrique de l'Ouest.
Références bibliographiques
(APA)Bayala,J., & Harmand, J.-M. (2023). Agroforestry Systems.Coulibaly, K., Baggnian, I., Zakou, A., & Nacro, H. B. (2022). Perception paysanne des techniques de conservation des eaux et des sols et de défense et restauration des sols en Afrique de l'Ouest. European Scientific Journal.Houehanou, T. D., et al. (2023). La variation spatiale des pratiques de gestion durable des terres dans les terres de culture de l'Atacora Ouest au Bénin.Nacro, H. B., et al. (2023). Gestion durable des terres et conservation des eaux et des sols au Burkina Faso.Roose, E. (1996). Land Husbandry – Components and Strategy. FAO.