Dans le cadre du projet MINODU, j’ai effectué une sortie de terrain le 10 février 2026 à Lassa Elimdè, en pleine saison sèche, période où les activités champêtres sont réduites et où les producteurs disposent de plus de temps pour échanger.
Le constat partagé est préoccupant. Les producteurs ont expliqué qu’après avoir réussi à mieux gérer les attaques de la chenille légionnaire, un autre problème devient de plus en plus grave : les foreurs de tige. Ils observent que, ces derniers temps, au moindre vent ou après une pluie, les tiges de maïs tombent, sans trace de termites. Des plants initialement verts et vigoureux commencent progressivement à jaunir, à cesser leur croissance, puis à se casser.
Ils connaissent déjà certaines pratiques traditionnelles pour se protéger, notamment l’usage de la cendre autour des jeunes plants pour repousser les vers, mais cette méthode seule ne suffit pas à contrôler le problème.
Après observation de certaines parcelles et explications sur le cycle des foreurs, nous avons discuté des solutions combinant savoirs locaux et connaissances scientifiques : nettoyage systématique des résidus après récolte, rotation des cultures, utilisation du neem, choix de variétés à tiges solides et surveillance précoce des champs.
Les producteurs ont montré un grand intérêt, surtout pour l’importance d’agir collectivement au niveau du village et de coordonner les actions avec les voisins pour briser le cycle du ravageur.
Cette sortie a confirmé la pertinence du défi : la vulgarisation scientifique, lorsqu’elle s’appuie sur les savoirs endogènes, peut renforcer la résilience des producteurs face aux effets du changement climatique et améliorer la sécurité alimentaire.
Voici quelques clichés illustrant les échanges et les observations réalisées sur le terrain:

L”entrée pour l’enquête

La surface d’exploitation d’un producteur

Avec le propriétaire de l’espace

Avec un producteur et les amis
