Dans le cadre de la restauration de la productivité des terres dégradées et de la réhabilitation de leur couverture végétale, la redécouverte des pratiques ancestrales pourrait présenter un intérêt surtout dans le contexte soudano-sahélien où les possibilités techniques sont limitées. Ces pratiques pourraient représenter une véritable alternative aux techniques classiques, dans la mesure toutefois ou elles sont réactualisées, améliorées et fondées sur des données scientifiques. Il en est ainsi du “zaï”, forme particulière de culture en poquets dans des micro-bassins, dont l’application aux “zipellés”, surface pédologiques encroûtées, fortement dégradées, pourrait constituer une solution simple de restauration de la productivité des sols et de réhabilitation agroforestière des terres dégradées.

La technique du zaï est une méthode traditionnelle de restauration des sols dégradés et de conservation de l'eau, originaire du Sahel (notamment du Burkina Faso, du Mali et du Niger), largement utilisée en agriculture dans les zones arides et semi-arides, y compris dans le nord du Togo.

*Le principe consiste à creuser, pendant la saison sèche, de petits trous (appelés "zaï") dans le sol, généralement espacés de manière régulière, d'environ 20 à 40 cm de diamètre et 10 à 20 cm de profondeur. Ces trous sont ensuite remplis partiellement de matière organique (fumier, compost, résidus de récolte), qui attire les termites. Ces dernières creusent des galeries qui améliorent la porosité du sol et favorisent l'infiltration de l'eau en profondeur.*